21
October
2026
Comment lutter contre le gaspillage en pharmacie ?
Repérer les invendus, écouler les fins de série dans un coin anti-gaspi, donner ce qui ne se vend plus : on détaille un plan anti-gaspi concret, applicable dès demain dans n'importe quelle pharmacie.
Laurent Sala

Points clés de l'article
- Le gaspillage en pharmacie touche surtout la parapharmacie : dates courtes, fins de gamme, surstocks saisonniers.
- Un diagnostic rapide dans le LGO permet de repérer les produits dormants avant qu'ils ne deviennent des pertes.
- Un coin anti-gaspi bien signalé aide à écouler les produits dont la date approche, sans jamais vendre de produits dépassés.
- Ce qui ne se vend plus peut être donné à une association proche, avec une réduction fiscale jusqu'à 50 % de la valeur HT remisée.
- Les médicaments, les produits ouverts et les produits périmés suivent leurs propres filières et ne se donnent pas.
- Dix actions simples suffisent pour lancer une démarche anti-gaspi dans n'importe quelle officine.
Dans presque toutes les pharmacies, la scène est la même : un carton jamais ouvert au fond de la réserve, une gamme qui n'a pas trouvé son public, une crème solaire qui attend l'été suivant. Pris un par un, ces produits paraissent anodins. Additionnés sur une année, ils représentent de la trésorerie immobilisée, de la place perdue et, trop souvent, des produits parfaitement utilisables qui finissent détruits.
La bonne nouvelle, c'est qu'on peut agir sans tout réorganiser. Chez Pharmagreen, on accompagne chaque semaine des officines dans leur démarche anti-gaspi, et on voit les mêmes leviers fonctionner partout : repérer tôt, écouler intelligemment, donner ce qui reste.
On fait le point sur un plan anti-gaspi concret, applicable dès demain dans n'importe quelle pharmacie.
Pourquoi le gaspillage en pharmacie est un vrai sujet
Chaque année, 100 millions d'euros de produits parapharmaceutiques sont détruits en officine. Dans le même temps, l'Insee compte 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en France. Ce décalage pose trois problèmes à la fois :
- un problème économique : chaque invendu détruit, c'est du stock payé, stocké, géré, puis perdu ;
- un problème écologique : la fabrication, le transport et l'emballage ont déjà consommé des ressources ;
- un problème d'image : les patients, et notamment la génération Z, attendent de leur pharmacie des preuves concrètes d'engagement.
La loi pousse aussi dans ce sens. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) interdit la destruction des invendus non alimentaires, et les produits d'hygiène invendus doivent en priorité être donnés. Beaucoup reste pourtant à faire dans son application, alors même que le don progresse comme solution pour les invendus non alimentaires.
Repérer où se cachent les invendus
Avant d'agir, on regarde où naît le gaspillage. Dans la plupart des officines, on retrouve les mêmes causes :
- un packaging ou une formule qui change et rend l'ancienne version moins attractive ;
- une gamme référencée sans réel potentiel local ;
- des produits saisonniers (solaires, antipoux, produits d'hiver) qui s'arrêtent net avec la météo ;
- des achats en volume pour obtenir un meilleur prix ;
- des produits rangés en réserve puis oubliés.
Un diagnostic express prend moins d'une heure. On extrait du LGO la liste des références sans vente depuis 60 ou 90 jours. On la croise ensuite avec la valeur immobilisée et la date restante, puis on décide d'une action pour chaque ligne : mise en avant, coin anti-gaspi ou don. La parapharmacie concentre l'essentiel du sujet, et on a identifié les catégories qui coûtent le plus cher en invendus.
Le meilleur anti-gaspi reste celui qu'on n'a pas à faire : des seuils de commande bien réglés, l'anticipation de la saisonnalité et le principe « premier périmé, premier sorti » évitent une bonne partie des invendus. On a tout détaillé dans notre guide de la gestion des stocks en pharmacie, et dans un article dédié au surstock saisonnier.
Le coin anti-gaspi : écouler les fins de série et les dates courtes
Un présentoir bien placé, une signalétique claire et des prix ajustés suffisent souvent à écouler une partie des produits en fin de cycle. On peut y regrouper :
- les anciennes formules et les anciens packagings ;
- les fins de gamme ;
- les produits saisonniers en fin de saison ;
- les produits dont la date approche, mais n'est pas dépassée.
Pour bien informer les patients, il faut connaître la différence entre les dates. La date limite de consommation (DLC) est impérative, alors que la date de durabilité minimale (DDM) indique seulement une qualité optimale. Le ministère de l'Économie détaille la différence entre DLC et DDM, tout comme sante.fr. En parapharmacie, la plupart des produits portent une DDM ou une durée d'utilisation après ouverture (le petit pot ouvert). La règle reste simple au comptoir : on met en avant les produits dont la date approche, jamais ceux dont la date est dépassée.
Le coin anti-gaspi a un autre mérite : il montre l'engagement de l'officine. Une affichette qui explique la démarche transforme une promotion en message positif.
Donner ce qui ne se vend plus
Quand un produit ne trouve vraiment pas preneur, le don est la meilleure solution. Il évite la destruction, soutient des personnes qui en ont besoin et rapporte plus que la destruction.
Avec Pharmagreen, on a voulu rendre le don plus simple que la destruction :
- le logiciel Pharmagreen s'intègre nativement à plus de 15 LGO, et le bordereau se génère via une imprimante virtuelle ;
- l'équipe n'a aucune charge logistique ni administrative ;
- les produits éligibles partent vers une association proche de l'officine ;
- on libère jusqu'à 3 m² dans la réserve.
Le don ouvre droit à la réduction d'impôt du mécénat d'entreprise. Avec Pharmagreen, on propose jusqu'à 50 % de la valeur HT remisée, net et commission incluse, soit jusqu'à 5 000 € de valorisation fiscale par an. Tous les détails figurent sur la page consacrée aux avantages fiscaux pour les pharmaciens. On explique aussi comment le don fonctionne depuis le LGO et à quelles associations profitent les dons.
Ce qui ne se donne pas
Certains produits ne peuvent ni être vendus en coin anti-gaspi ni être donnés :
- les médicaments, qui suivent leurs propres filières réglementées. Côté patients, par exemple, les médicaments non utilisés sont collectés par Cyclamed ;
- les produits ouverts ou abîmés ;
- les produits dont la date est dépassée ;
- les produits dont la conservation n'a pas été respectée, en particulier les produits sensibles à la température, conformément aux bonnes pratiques de dispensation de l'Ordre des pharmaciens.
Pour ces produits, la destruction reste la seule voie, avec un coût qu'on a détaillé dans notre article sur les coûts réels de la destruction des invendus.
Le plan anti-gaspi en 10 actions
- Faire un diagnostic express des produits sans vente depuis 60 à 90 jours.
- Classer les références par rotation et par valeur immobilisée.
- Activer les alertes de péremption dans le LGO.
- Réduire le surréférencement sur les gammes qui tournent peu.
- Ajuster les commandes saisonnières à partir des ventes des années précédentes.
- Ranger selon le principe « premier périmé, premier sorti ».
- Installer un coin anti-gaspi visible et bien signalé.
- Nommer un référent anti-gaspi dans l'équipe.
- Donner chaque mois les produits éligibles qui ne se vendront plus.
- Afficher les résultats (produits donnés, associations soutenues) pour valoriser la démarche auprès des patients.
Conclusion : une démarche anti-gaspi, c'est d'abord une habitude
Lutter contre le gaspillage en pharmacie ne demande ni gros investissement ni réorganisation complète. Il suffit de repérer tôt les produits à risque, de les écouler quand c'est possible, et de donner ceux qui ne se vendront plus. Le résultat : moins de pertes, une réserve allégée, une officine conforme à la loi AGEC, et un engagement que les patients voient et apprécient.
Prenez 15 minutes avec l'équipe Pharmagreen et on lance ensemble vos premiers dons.
Qui de mieux que nos partenaires pour parler de l’impact positif de Pharmagreen ?
Ils ont adopté PharmaGreen et valorisé leurs invendus en actions positives.






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